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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 13:38

 

 

La maquette, les rubriques et la charte graphique

 

  • Après avoir lancé le projet d’écriture, voici le premier travail à réaliser avec les élèves (si possible) :
  • a) Etablir la maquette du journal
  • La maquette crée l’identité du journal. Une maquette terne, mal conçue et le journal n’est pas acheté donc pas lu.
    • La maquette est indispensable, elle traduit visuellement les informations contenues dans les pages.
    •  

    • Elle doit être établie pour un moment, le lecteur doit acquérir des habitudes de lecture et il risque d’être décontenancé si la maquette change tous les deux numéros.
    •  

    • La remarque est valable également pour le titre du journal et l’agencement des rubriques.
    • Soigner particulièrement la UNE, c’est la vitrine du journal ! (gros travail à faire avec les élèves sur les spécificités de cette page par rapport aux pages intérieures)
    •  

    • Utiliser un logiciel de traitement de texte (PAO) pour la conception de la maquette et la saisie des textes en colonnes. Il existe des logiciels payants (Publisher) et gratuits (Ragtime solo 5.6.5, Scribus ou Open Office téléchargeables sur le site www.01net.com/telecharger/ )

       

  •  

     

    La Une est constituée en dernier, une fois que toutes les pages sont remplies.

b) Choisir les rubriques, leur agencement et la place accordée aux articles (avec les illustrations)

  • Vous devez déterminer (comité de rédaction) l’ordre dans lequel vous allez disposer les rubriques mais aussi les articles au sein des rubriques. C’est la hiérarchie de l’info.

Quel article mérite la UNE ? Quels sont ceux qui figureront en page 1, 2…

Le lecteur aime retrouver toujours à la même place ses rubriques préférées !

 

c) Déterminer la charte graphique.

  • Il est indispensable d’établir une charte graphique c'est-à-dire définir la typographie, (n’abusez pas des polices d’écriture sur une même page) la place des illustrations, la largeur des colonnes, leur emplacement, les symboles…

     

  • Pensez à bien "aérer" les pages. (pensez aux espaces entre les colonnes, les illustrations, les différents articles sur la page)
  •  

d) Etablir un "chemin de fer".

  • C’est le plan du journal. Affiché dans la classe, les élèves doivent avoir sous les yeux l’ensemble des pages du journal pour évaluer la progression du travail et ce qui reste encore à accomplir.
  • (Astuce : pages blanches = ce qui reste à faire, pages jaunes = ce qui est fait)

e) Etablir un échéancier avec les élèves.

Le travail se fera donc qur le principe du compte à rebours.

Fixer la date du dépôt des articles, ainsi que la date d’impression du journal et avertir qu’aucun report n’est possible. (Les élèves ont toujours le temps !)

L’échéancier permet de décompter le temps qu’il reste.

 

f) Définir la pagination.

  • Fixer le nombre de pages et faire en sorte que chaque numéro comporte à peu près le même nombre. (attention au n°1 toujours très fourni à 30 p et le n°2 à 10 p)
    • Il faut faire des choix (comité de rédaction) pour éviter que le journal devienne un " fourre-tout ".
    • La disposition des articles par rubriques et la place (nombre de colonnes) qui leur est accordée devraient vous aider.

    • Utiliser de préférence le format A3 (2A4 sur la vitre de la photocopieuse, ce qui nécessite une gymnastique lors du recto verso et un nombre de pages multiple de 4) plutôt que les feuilles A4 agrafées. Conseil : plier d’abord une maquette avec des pages blanches pour connaître l’ordre des pages et la disposition sur la vitre)
    •  

    • Prévoir un budget papier A3 et encre si vous optez pour un tirage interne sur un photocopieur. Attention à la qualité des illustrations lors de la reproduction.
    • L’impression couleur exige un tout autre budget. (possible avec la vente du journal et/ou la mise en place d’un service abonnement géré par les élèves)

      Attention, si l’équipe enseignante décide de vendre le journal, il faudra satisfaire à quelques démarches légales. (voir après)

       

  • Si vous avez des articles " spontanés " en trop, gardez-les pour le prochain numéro sauf s’ils "collent" à l’actualité.

g) Privilégier la fréquence de parution à l’épaisseur du journal.

Le journal doit s’inscrire dans la durée, il faut créer une certaine dynamique auprès des élèves tout en tenant compte des contraintes liées à l’emploi du temps des classes concernées et des niveaux de classes. (de la maternelle au CM2)

Un journal publié à la fin de chaque période paraît être une périodicité adaptée au travail de classe.

Ne jamais annoncer une périodicité qu’il est impossible de tenir.

Pour que le journal perdure, il faut fidéliser le lecteur, il doit s’habituer à le lire régulièrement.

 

h) L’évaluation du journal.

C’est une étape importante.

  • L’évaluation sera tout d’abord interne : réalisée par les enfants de l’école (de la classe) sitôt le journal imprimé, elle permettra de faire quelques réajustements pour le prochain numéro. Elle portera à la fois sur le fond et sur la forme.

     

  • L’évaluation sera ensuite externe. Pas besoin qu’elle soit effectuée systématiquement après la parution de chaque numéro. Mais recueillir l’avis du lectorat permet de rester en adéquation avec ses centres d’intérêts.
  •  

    Après quelques numéros, elle prendra la forme d’une enquête d’opinion élaborée par les enfants et distribuée dans les familles. Un courrier des lecteurs peut aussi être envisagé.

 

Conclusion.

  • De toute évidence, le journal se conçoit avant de "se remplir".
  •  

  • Le problème est que bien souvent les classes écrivent " quelque chose " pour le journal ou alors trouvent en catastrophe un texte " qui ira bien " et seulement après, on essaie de faire rentrer tout ça dans le journal. (tâche qui revient souvent à un seul maquettiste)
  •  

Dès lors, on a toutes les chances d’obtenir un journal " fourre-tout " sans grande cohérence.

Pour placer les élèves dans des situations d’apprentissage, car il ne faut pas oublier que la production d’un journal se déroule durant le temps scolaire, il est indispensable de prendre appui sur de vrais journaux pour les enfants et aussi pour les adultes (les "écrits sociaux").

  • Le journal devient alors un sujet d’étude. Il faut plonger les élèves dans un bain de presse régulièrement. " Voir comment les vrais journaux fonctionnent et en tirer des règles pour le nôtre. "
  •  

  • Va donc s’établir un va-et-vient entre le journal de l’école (de la classe) et les vrais journaux.
  •  

 

Il n’est pas question de faire des élèves d’authentiques journalistes, l’objectif est tout autre, il s’agit simplement de les placer dans une situation réelle de communication et de valoriser leurs écrits.

 

 Copyright Pascal Nayrat, © 2007


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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 10:01


Un livre fondamental
AGNES (Y.), Manuel de journalisme. Ecrire pour le journal. Nouvelle édition,  La Découverte, 2008
Un autre plus simple
MARTIN-LAGARDETTE (J-Y) Guide de l'écriture journalistique La Découverte, 2009 (nombreuses rééditions)




 

                                " On écrit pour être lu "

 

 

         Les élèves doivent comprendre qu’ils écrivent pour être lus.

Il s’agit de l’aboutissement de leur projet d’écriture. Leurs textes seront ainsi mis en valeur.

 

Il faut donc définir avec les élèves le lectorat.

 

Pour avoir le maximum de chances d’être lu, il est nécessaire de cerner le lecteur, de connaître ses habitudes de lecture, ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas, même si dans le cadre d’un journal scolaire, le lectorat est presque (?) déjà acquis, il n’empêche qu’il faut arriver à l’intéresser, à le surprendre !

 

Pour cela, consulter l’enquête réalisée par Ouest-France sur le site du journal. Pour qui va-t-on produire un journal ? Qui va nous lire ? (rubrique "le journal en 10 questions" – question n°3 – réponse générale du 02.01.02)

 

 

 

                         Les spécificités de l’écriture journalistique

 

      Les élèves doivent comprendre qu’écrire des articles pour un journal suppose de respecter des règles d’écriture (et de présentation) qui bien que contraignantes vont paradoxalement les aider dans leur tâche d’écriture.

 

Pour déterminer avec les élèves les règles d’écriture d’un article et identifier les éléments qui le composent, il est nécessaire de prendre appui sur de vrais journaux, d’analyser des articles.

 

Avant d’écrire la moindre phrase, n’oubliez pas de choisir l’"angle", c'est-à-dire la façon d’aborder le sujet.

 

Les règles d’écriture d’un article sont fidèles aux habitudes du lecteur :

- des phrases courtes, précises,

- pas plus d’une idée par phrase,

- un vocabulaire simple,

- chaque phrase doit apporter une information.

 

 

Le plan de l’article est simple : il doit répondre aux 5W (Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Pourquoi ?) mais aussi Comment ? L’article est bâti selon le plan de la pyramide inversée : les infos les plus importantes au début au cas où il faudrait couper la fin de l’article faute de place.

             On informe dès le début de l’article et ensuite on explique avec le   Comment ? et le Pourquoi ?

 

Une fois écrit, l’article doit être "habillé" avec un titre, un chapô, une illustration légendée… Chacun de ces éléments obéit aussi à des règles d’écriture précises que les élèves doivent maîtriser.

 

N’oubliez pas de signer chaque article, de légender vos photos.

 

Il est important de faire comprendre aux élèves qu’une photo prise sur Internet a un propriétaire, (compétence B2i) il faut mentionner l’adresse du site où la photo a été prélevée.

 

        Vous devez aussi obtenir l’autorisation d’utiliser l’image de vos élèves. (autorisation à faire signer par les parents en début d’année)

 

 

Le lecteur doit être surpris, sa curiosité piquée au vif, c’est pourquoi il n’est pas concevable que le journal se limite simplement à une compilation de textes qui résument ce qui se fait à l’école.

 

 Le journal n’est pas un récit de la vie de la classe.

 

 N’hésitez pas à faire produire à vos élèves tous les types d’articles (brèves, récits de faits divers, critique, interview…) mais aussi les différents types de textes (injonctifs avec la recette, narratifs avec la fin d’une histoire, rhétoriques pour les poèmes, informatifs pour les "minis exposés" sur un sujet précis…)

 

La richesse des types d’articles et de textes sera l’occasion d’accrocher tous les élèves même ceux qui éprouvent des difficultés y compris les plus jeunes. (maternelles).

 

L’écriture des articles permettra de respecter les Instructions Officielles, d’appliquer les Programmes de l’école primaire dans la mesure où il est toujours possible de relier (directement ou indirectement) les sujets des articles à des points du programme d’histoire, de géographie, de sciences…

 

Le travail sur les spécificités de l’écriture journalistique donnera aux enseignants la possibilité de travailler des points de grammaire, d’orthographe, de conjugaison au cours "d’activités décrochées".

 


Copyright Pascal Nayrat,  © 2007

 

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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 09:29

Des outils

Une
méthodologie

Une fiche-outil

Les dix commandements de la critique proposés par des élèves belges

Des consignes sur un site publiant des critiques rédigées par des élèves de collège

Un site publiant des critiques de lycéens

"Rédiger une critique de cinéma", Daniel Salles, Ecole des lettres n°2, 2008-2009

 

Définition de la critique par Jean-Michel Frodon dans La critique de cinéma, Les petits cahiers, 2008

"La critique de cinéma est une des formes de la critique d’art. La définition même de l’œuvre d’art est de ne pas être finie, c’est son spectateur, (son auditeur, son lecteur) qui la complète pour lui-même. […] le critique aura recours à toutes les ressources dont il dispose (sa sensibilité, son savoir, ses qualités d’écriture) pour déployer cette partie ouverte, afin de partager avec ses lecteurs davantage d’accès à l’œuvre, et de mettre en évidence les possibilités singulières de chaque œuvre telle qu’elle s’offre à la subjectivité de chacun. Un critique est un journaliste, mais c’est un journaliste particulier.Qu’il l’écrive en toutes lettres (ce qui n’est pas recommandé) ou non, un critique est quelqu'un qui dit constamment « Je ». J’ai vu ce film, j’ai éprouvé ceci, j’ai pensé cela, cela m’a rappelé tel autre film ou inspiré telle comparaison. Ce « je » est de toute manière un engagement personnel, qui peut le cas échéant prendre l’aspect d’un engagement politique.Mais il est de toute façon un engagement esthétique, au sens où le style d’écriture, qui tend à être aussi factuel que possible dans le journalisme stricto sensu, a au contraire besoin dans la critique d’une invention personnelle en phase avec les émotions dont elle est l’émanation, et qui à ce titre rapproche le critique de l’écrivain, et l’éloigne d’autant du journaliste. Car le style n’est pas, pour la critique, un ornement, il est le moyen même de construire des ponts entre deux modes d’expression différents (le cinéma et l’écriture), et de produire de la pensée par la construction même de ce pont. La critique a vocation a vocation à surprendre, à déranger, à faire réfléchir. "

 

 


Des exemples : des critiques réalisées par des élèves

 

Clg du Val Gelon, La Rochette - 3ème1
Levons notre verre de citronnade et portons un toast à Eran Riklis !
Partageons ce goût amer d'impuissance !
Dans Les Citronniers, réalisé par l'israélien Eran Riklis, déjà connu pour La Fiancée syrienne, Hiam Abbass incarne le personnage principal, celui de Salma Zidane, une pauvre veuve palestinienne délaissée par ses enfants et dont la plantation de citronniers est le dernier bien. Elle est accompagnée à l'écran par Ali Suliman ainsi que par Roma Lipaz Michaël et Doron Tavory.

Ces derniers, qui se trouvent être le ministre israélien de la Défense et sa femme, deviennent les voisins de Salma et par la même occasion une menace pour ses arbres, sa seule raison de vivre. En effet, ces citronniers pourraient masquer la présence de snipers palestiniens, mettre la vie du ministre en danger et donc doivent être coupés ! Heureusement, l'épouse du ministre apporte une grande bouffée d'espoir en s'opposant clairement aux idées et actes entrepris par son mari. Le générique, remix oriental de la chanson Lemon tree, donne le ton du film. La voix y est mélancolique pleine d'émotions lentes à s'exprimer.
Avis aux adeptes de films américains à gros budgets, Etz limon, titre original, n'est pas pour vous. Pourtant la lenteur déconcertante, le jeu solennel des comédiens met en évidence les réactions des personnages et les émotions, parfois cachées, finissent par prendre le dessus Ainsi Salma, au tribunal, apparemment calme perd soudain le contrôle de ses émotions. L'indifférence est donc impossible. Soit le film agace par sa lenteur, son manque d'actions, soit il est jugé majestueux. Mais, dans tous les cas, il conduit au sentiment de révolte. Contre le sexisme régnant encore dans ce pays (grand silence, regards incrédules à l'entrée de Salma dans un café réservé aux hommes), mais aussi par l'idée que dans un pays aussi petit, tant de conflits peuvent persister. Un mur au physique comme au figuré sépare deux nations formant le même peuple.

Eran Riklis, nous fait vraiment partager l'amour qu'il a pour son pays natal. Car bien qu'israélien, il l'observe d'un oeil critique et n'hésite pas à dénoncer avec engagement ce paradoxe entre nation puissante et nation dominée. Mélancolie, tristesse, sentiments d'impuissance, révolte, joie, incompréhension, désolation, espoir, c'est impressionnant comme en une heure et quarante cinq minutes l'on peut passer par tant d'émotions.
Des citrons amers à savourer lentement mais sûrement.

 

Clg Le Calloud, La Tour du Pin - 3ème2
Ne tirez pas sur VALSE AVEC BACHIR

Au coeur de Beyrouth ravagée par les bombes et les tirs de roquettes, cet officier israélien est frappé de folie. Il valse, mitraillette au poing, sous l'affiche de Bachir Gemayel récemment assassiné.
Valse avec Bachir est un film d'animation autobiographique réalisé par Ari Folman, sorti en 2008. Ce film est construit comme un puzzle, où se mêlent interviews, rêves et souvenirs.
D'emblée les chiens sont lâchés, meute effrayante de molosses aux yeux jaunes qui voudraient tout déchiqueter. Ari est appelé par un de ses anciens compagnons. Il a besoin de lui raconter son cauchemar récurrent sur la guerre au Liban. Alors, Ari se rend compte qu'il a jeté un voile d'oubli sur ce qu'il a vécu et vu pendant cette période. Il prend la décision de partir à la quête de ses souvenirs enfouis, porté par le besoin de reconstituer cette mémoire qui lui fait défaut. Pour cela, il part à la recherche de ses anciens compagnons du Liban pour découvrir la vérité.
Avec ce film, Ari Folman, nous propose une oeuvre percutante et riche, un témoignage d'un passé douloureux. Il est mené comme une psychanalyse, avec pour unique question : Qu'ai-je fait à Beyrouth, en septembre 1982, pendant le massacre de Sabra et Chatila ?
Le thème majeur est la prise de conscience de ses actes avec en toile de fond la guerre au Liban. Cette guerre comme toutes les guerres est violente, injuste, brutale et certains épisodes sont particulièrement inhumains.
Le personnage principal est attachant dans la recherche de ses souvenirs honteux. Tout ce qui lui revient en mémoire permet au film de montrer la véritable face de la guerre sans pour autant que celui-ci devienne un film d'horreur. C'est comme si Ari servait de filtre entre les horreurs de cette guerre et les spectateurs. Les dialogues sont simples mais forts. Le déroulement des massacres de Sabra et Chatila et les sentiments ressentis par les soldats sont décrits de manière accessible mais certaines images du film peuvent être trop violentes et choquantes, notamment les dernières, qui montrent l'horreur de la réalité. Elles peuvent provoquer un certain malaise chez le spectateur pourtant toutes ces images donnent tout leur sens à cette méditation sur la mémoire et la culpabilité.
Les dessins du film ont été supervisés par Ari Folman et son directeur artistique David Polonsky. Esthétique, réaliste et original ce long métrage mérite bien de figurer en compétition officielle du 61ème festival de Cannes.
Valse avec Bachir est un film qui vaut la peine d'être vu. Si vous le manquez vous pourrez plonger dans la bande dessinée adaptée du film parue en Janvier 2009.

 

 

Clg La Moulinière, Domène - 3ème6
Le film Louise-Michel n'a quasiment rien à voir avec la militante et figure majeure de Paris, Louise Michel. Ce film traite de thèmes différents tels que la délocalisation et le capitalisme. Néanmoins, Gustave Kerven et Benoît Delépine, les réalisateurs et scénaristes de l'émission de télévision Groland, restent fidèles à leur style : l'humour noir.

C'est l'histoire de Louise, une pauvre ouvrière d'une entreprise de textile, qui est analphabète. Un matin, Louise et ses collègues s'aperçoivent qu'elles ont été trahies, embobinées par le directeur général qui a délocalisé son entreprise en emportant tout durant la nuit. Avec leurs indemnités, les employés décident de faire appel à un professionnel pour « buter le patron ». C'est alors que Louise va rencontrer Michel, un pauvre type qui s'attribue la mort de Kennedy, vivant dans une modeste caravane. Louise et Michel se mettent alors à la recherche du patron. C'est un film intéressant où l'on voit les dures conditions de vie d'employés au chômage (Louise est obligée de manger des pigeons pour survivre). C'est en effet parce qu'elles ont perdu leur emploi que Louise et ses camarades veulent à tout prix tuer le patron.

Le scénario est très original : en réalité, Jean-Pierre Ferré doit se travestir en Louise pour se réintégrer dans la vie professionnelle et c'est une certaine Cathy qui, elle, se travestit en Michel. Une histoire à l'humour, quelques fois, déjanté : Louise qui assassine tout le monde dans une villa.

Le film est à « mourir de rire », mais est parfois exagéré. On passe de scènes drôles à des scènes plus noires qui donnent à réfléchir. On rit de certains passages sur le moment, mais en prenant du recul, on s'aperçoit que certains faits sont horribles, comme quand Michel demande à sa cousine, malade atteinte d'un cancer, d'aller tuer le PDG. Cependant Louise-Michel est très réussi et joué par de bons acteurs, dont Yolande Moreau, récompensée plusieurs fois du César de la meilleure actrice.

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