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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 08:15

Une enquête à découvrir sur le blog  Regards sur le numérique.

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 04:37

Suite des Etats généraux de la presse :

 

"Le 8 septembre, Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, et François Baroin, ministre du Budget, des Comptes Publiques et de la Réforme de l’Etat, ont reçu le rapport de la mission Cardoso sur la gouvernance des aides publiques à la presse."

 

Le rapport d'Aldo Cardoso

 

Le rapport juge que le système permet aux journaux de ne pas chercher de "stratégies de redressement financier durable"  et propose "de mettre un terme aux effets pervers de certaines aides publiques qui maintiennent la presse dans un système d'assistance respiratoire permanente".

 

Rappel : " les aides à la presse représentent 12% du chiffre d'affaires du secteur : 401 millions d'euros par an sous forme d'aides indirectes (taux de TVA réduit, exonération de la taxe professionnelle) et 626 millions sous forme d'aides directes, prêts ou dons permettant aux journaux de se moderniser, de développer leur diffusion, ou tout simplement de survivre, au nom du pluralisme".  

 

"Les 15 recommandations du rapport de la mission sur la gouvernance des aides publiques à la presse s’articulent autour de quatre axes :
- Changer la posture de l’Etat : clarifier les objectifs de l’Etat et renouveler ses modalités d’intervention
- Intensifier les actions en faveur du lectorat
- Renforcer la régulation d’ensemble des marchés de la distribution et de la diffusion
- Refonder les structures de pilotage de l’ensemble des aides à la presse"

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 07:07

1. Médias

  

  

Serge July, Jean-François Kahn et Edwy Plenel

 Faut-il croire les journalistes ? Entretiens réalisés par Philippe Gavi.

Editions Mordicus, 166 pages, 13,5 euros.

  

Le principe de la collection est de confronter les points de vue d’intervenants aux opinions différentes sur un sujet d’actualité ou de société. Trois journalistes sont donc interrogés sur l’exercice de leur métier à un moment où celui-ci est remis en cause par le développement d’Internet et la méfiance accrue du public.      

Serge July affirme que l’âge d’or du journalisme est à relativiser : la censure faisait autrefois davantage partie des mœurs et la presse s’est incroyablement émancipée. Il reproche aux journalistes de faire de la communication et pas de l’information, de ne pas explorer la profondeur de champ des événements. Les débats ont supplanté l’information, les reportages et les enquêtes sur le terrain. La révolution d’internet crée le désarroi, les médias doivent se transformer radicalement. La rumeur y est mise sur le même plan que l’information donc Internet est un facteur de dévalorisation du journaliste. Mais c’est aussi un outil performant contre la censure. De plus, aucun nouveau média, selon Mac Luhan, n’a jamais tué les médias existants. Il prône  le modèle de la fondation, à l’œuvre dans les pays anglo-saxons, pour pérenniser la presse écrite.

Jean-François Kahn pense lui aussi que la censure était plus importante au moment de la guerre d’Algérie par exemple mais on assiste actuellement à une tentative de main mise du pouvoir politique sur les médias. Le divorce entre les journalistes et le public est dû à l’homogénéisation de la pensée médiatique, au pluralisme rétréci qui implique une baisse du contrepoids de la presse Les médias sont manipulés par les pouvoirs et devraient davantage manifester d’esprit critique. Les journalistes ne sont pas assez diversifiés, d’où des problèmes de connivence et de déconnexion de la réalité : «Il faudrait plutôt se demander si la presse, à force d’être déconnectée des réalités et de l’opinion, n’est pas aujourd’hui déconsidérée, jugée si peu fiable que les gens se sont habitués à ruer dans les brancards». Ils ont abandonné leur mission de donner le plus d’informations possible en les hiérarchisant.

Edwy Plenel reprend les idées qu’il a émises dans son manifeste Combat pour une presse libre (Galaade). Il a transformé son engagement militant (c’est un ancien troskiste)  en  «engagement professionnel».Pour lui, la crise de la presse est une crise de l’offre. La presse écrite s’est épuisée à courir derrière la presse magazine. Il convient de revenir à l’essence du métier : l’information, la recherche des faits, la rigueur factuelle. «  La profession de journaliste existe parce que la démocratie a besoin de vérités factuelles, c'est-à-dire d’informations fiables. » Un des avantages d’internet, c’est qu’il oblige le journaliste à descendre de son estrade. Le journaliste doit être un chien de garde de la démocratie. « Le combat pour la liberté de la presse est un levier et un levain démocratiques. En ce sens, il sera toujours inachevé, toujours en chantier, toujours en marche.»

D’autres thèmes comme le respect de la vie privée et la peopolisation (révélations sur l’existence de Mazarine, la fille de Mitterrand, sur Cécilia et les rumeurs qui ont entouré le divorce de Sarkozy) sont abordés par les trois journalistes.

Il aurait été intéressant que leurs réponses soient mises à la suite les unes des autres pour pouvoir mieux confronter leurs positions au lieu que les trois entretiens soient séparés.

Daniel Salles

  

  

  

  

Histoire politique et économique des médias en France,

Yvan Chupin, Nicolas Hubé, Nicolas Kaciaf,

Paris, La Découverte, 2009, 9,5 euros.

 

Le retour sur l’histoire des médias, du XVIIe siècle, genèse de la presse écrite, à nos jours, permet d’appréhender les problématiques actuelles notamment la  « crise » de la presse écrite, l’existence du service public audiovisuel, la soumission des médias aux logiques marchandes, le rôle d’internet dans la vie démocratique. 

Les auteurs insistent dans leur introduction sur la confusion à ne pas faire entre les deux acceptions du mot « médias » qui désigne  à la fois des instruments de communication et des acteurs particuliers du monde social. Il faut donc articuler la dimension politique (comment les pouvoirs cherchent à contrôler, encadrer ou réguler l’univers médiatique)  aux enjeux économiques, socioculturels  et technologiques de la production médiatique.

L’ouvrage cherche à montrer comment les évolutions  de l’espace médiatique accompagnent étroitement la démocratisation et l’extension du capitalisme, les deux bouleversements majeurs de la modernité. Mais il existe des spécificités françaises que les auteurs vont examiner. Ils articulent chronologiquement le livre en quatre périodes : 1631-1870, au cours de laquelle le marché de la presse prend appui sur les révolutions politique, industrielle et sociale, 1870-1939, « âge d’or »de la presse écrite, 1939-1970 où l’espace médiatique est parcouru par un mouvement de balancier entre  législation « anticapitaliste » et lutte contre la tutelle étatique, de 1970 à nos jours, ère de l’« hyperconcurrence », de l’accélération des transformations et du brouillage des frontières médiatiques.

 

  

2. Humour

  

  

  

Humoresques, n°29

Cette revue thématique a pour but de promouvoir tous les travaux portant sur le comique, le rire et l’humour (http://pagesperso-orange.fr/corhum.humoresques/docs/publi.htm).

Le numéro 29 du printemps 2009 porte sur l’histoire, l’humour et les caricatures dans une perspective chronologiquement étendue du XVIe siècle (Langue de courtisan et jeux de pouvoir à la Renaissance) à nos jours (naissance et évolution du stéréotype de la tête au bout d’une pique).

Les historiens apprécieront la recherche des bribes d’un discours sur le rire et la dérision dans les archives judiciaires du XVIIIe ou l’exposé de la carrière de Philippe-Antoine Dorfeuille auteur de saynètes patriotiques pendant la Révolution française. Charivari, mascarade, cortège satirique, autant de traditions populaires et estudiantines qui s’exercent à Montmartre ou avec « l’Armée du chahut » : Laurent Bihl s’intéresse au cortège artistique comme métaphore de l’outrance graphique. Guillaume Doizy étudie L’Histoire de France tintamarresque de Léon Touchatout, Solange Vernois L’Histoire de France pour les mômes de Jules Dépaquit.

Emmanuel Pollaud-Dullian fait le portrait du dessinateur Chas Laborde,  qui s’engagea dans la guerre de 1914 et qui mourut en 1941 victime d’épuisement et sans ressources.

 (article en ligne http://www.caricaturesetcaricature.com/article-32462249.html  et site consacré au dessinateur http://www.chaslaborde.com/ )

 

Lecture jeune,

N°130, juin 2009

Qu’est-ce qui fait rire les adolescents ? s’interroge la revue.  Après consultation d’adolescents « graines de critiques » ou d’une classe de 4ème, on peut en conclure que ce n’est pas vraiment le roman même si on arrive à faire sourire les jeunes avec quelques titres, comme Kiffe kiffe demain

de Faïza Guène dont on peut lire un entretien.

En revanche l’offre est abondante en BD et dans le manga où l’humour peut-être scatologique, irrévérencieux et grotesque (nul doute que comme moi de nombreux enseignants vont découvrir cet univers exploré par  Jean-Marie Bouissou). Evidemment Internet regorge de vidéos , clips, gags et parodies et les jeunes apprécient les films comiques.

Mais surtout nous démontre le psychanalyste Jean-Pierre Kameniak, l’humour est une nécessité pour des adolescents qui éprouvent des bouleversements physiques et psychiques, c’est une activité salubre garante de leur santé psychique.

 

 

Dada n°147

 

Scoop : Tati chez Dada (et non pas Dada chez Tati) ! Et en plus la couverture nous rappelle que oui, ceci est bien une pipe dans la bouche de l’artiste !

Pour la première fois la revue Dada parle d’un cinéaste à l’occasion de l’exposition que la cinémathèque consacre à Jacques Tati. La maquette très colorée et très ludique est d’ailleurs en écho avec le site de l’exposition http://www.taticinematheque.fr/fr/expositions-cinema/tati/index/bienvenue.html Il ne manque plus que le son et le bruitage, ces passions de l’artiste.

Une vie en objets, le style de Tati qui renouvelle le burlesque avec son Hulot maladroit décalé, le repérage des thèmes de Mon oncle à travers deux séquences, la critique du progrès technologique, son jeu avec les objets typiques du design de son époque, les voitures, l’architecture, la ville et les échos de ses films dans ceux d’autres réalisateurs sont autant d’approches abondamment illustrées (avec des liens avec les œuvres de César ou Gurski par exemple) sur le cinéma de Tati.

Deux ateliers et un jeu parcours de l’exposition pour les enfants complètent ce panorama.

 

 

3. Autres

 

 

Le Moyen Age
Antoine Auger et Dimitri Casali

Collection Tothème, Gallimard jeunesse,

13,90 €, 96 pages

 

La collection Tothème  « propose des kits de savoir pour une nouvelle génération de lecteurs ». Qu’est-ce qui se cache derrière cette accroche publicitaire ?  Des livres  cartonnés avec des rabats  qui proposent un parcours à travers 60 entrées (notions-clés)  réparties en 9 familles : dates, inventions, chefs-d’œuvre, personnages classés par ordre chronologique, notion, animal, symbole, lieu, rôle, repères au fil du livre dans ce volume.

Les lecteurs peuvent suivre l’ordre chronologique ou naviguer au fil de leur curiosité ou aller directement au sujet qui les intéresse grâce à l’index à la fin du livre. Bref, une tentative de fabriquer des livres pour la génération du zapping et du butinage sur internet. Mais aussi du jeu vidéo puisque l’introduction  propose d’entrer dans l’histoire, ce jeu vidéo grandeur nature  et que la famille « rôle » est présentée sous la forme de cartes de jeu vidéo.

Les articles sont plus ou moins longs, les titres ou les intertitres sont très  incitatifs (La F1 de l’époque  pour l’entrée sur les chevaux arabes), le registre de langue des textes narratifs ou explicatifs est assez soutenu.

L’iconographie est  très abondante et variée,  avec des reproductions  d’œuvres ou d’objets historiques, de photographies, d’images extraites de jeux vidéo, de montage  (utilisation des cartes à jouer), ce qui doit expliquer le prix relativement élevé de ces ouvrages. La mise en scène est très dynamique, mais les reproductions sont trop souvent de petite taille.

Une rubrique Pour en savoir plus de dix pages procure des informations supplémentaires et des pistes bibliographiques pour approfondir le sujet.

 

L’environnement
Jean-Baptiste de Panafieu

A première vue, l’ouvrage apparaît moins clair que le précédent à cause des textes en surimpression sur des photographies ou des infographies. Les familles sont les suivantes : ressource, énergie, ménage, activités humaines, agir, révolutions, notion, besoins humains, acteur.  Le livre est donc organisé autour  des ressources de la terre, des dangers qui les guettent et des solutions pour les préserver (sens actuel de la notion d’environnement). On ne trouve pas en tout cas l’entrée décroissance dans l’index.

La lecture est très enrichissante et peut davantage se pratiquer de manière linéaire que pour le volume sur le Moyen Age.

 

Dans la même collection

L'automobile
Robert Pince et René Quéau

Les religions
Sandrine Mirza

 

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 07:01

Rencontre avec J.A. Bertrand à propos de J'aime pas les autres

 

Comment est venu votre goût pour l’écriture ?

Je sais exactement comment j’ai eu envie de devenir écrivain. J’avais dix ans et demi, j’ai eu une opération du genou et je suis resté allongé pendant un mois. A l’époque on n’avait pas la télévision et j’ai énormément lu. Puis à un moment donné j’ai eu envie de raconter l’opération, assez traumatisante. Cela m’ donné d’abord une distance, j’ai pu développer un petit sourire et une distance par rapport à moi-même et puis quand j’ai fait lire ce texte ça a fait rire mes parents, mes amis. Je me suis dit que raconter la vie c’était encore mieux que de la vivre. Quand on la raconte, on peut l’arranger à sa façon.

 

A quel âge avez-vous publié votre premier livre ?

J’ai publié un petit recueil de poèmes quand j’avais dix-neuf ans. J’ai abandonné le journalisme pour faire de la littérature à 30 ans. J’avais déjà publié des livrets, des poèmes, des nouvelles…

 

Quelles études faut-il faire  pour être écrivain ?

Il n’y a pas vraiment d’étude pour devenir écrivain. Il faut bien travailler la langue, le français. Moi j’avais choisi la fac de lettres mais on peut faire des tas de choses : il y a beaucoup de médecins, de professeurs qui publient des livres.

Il n’y a pas vraiment d’école pour devenir écrivain. Moi j’avais choisi l’école de journalisme pour rencontrer des gens, pour me balader un peu, pour continuer d’une certaine façon à faire des études générales et je ne l’ai pas regretté.

Mais c’est en écrivant qu’on devient écrivain, mais d’abord en lisant.

La lecture c’est une façon de s’imprégner de l’écriture. La lecture permet de développer la mémoire. Avec les jeux vidéo, le cinéma, on développe une mémoire visuelle. Pour moi la lecture c’est beaucoup plus libre. On est libre en lisant. L’auteur fait une partie du chemin mais le lecteur fait une autre partie, il se trouve, il se cherche dans ce qui est écrit. Et puis lire c’est une façon d’apprendre la langue. Par exemple je ne pourrai aps être professeur de français car je n’ai plus les règles de grammaire en tête. Par contre je les ai à l’oreille parce que j’ai beaucoup lu donc je connais  la concordance des temps et le subjonctif à l’oreille et je n’ai pas besoin de réfléchir. Sans parler du vocabulaire bien sûr. Si on enrichit son vocabulaire on enrichit en même temps son horizon et sa manière d e penser.

 

Combien de livres avez-vous écrit ? Quel est votre préféré ?

J’en suis à 19 livres parus, je viens de remettre le manuscrit du 20e.

Cela c’est difficile. J’aime bien peaufiner mes livres quand je les donne à éditer j’ai bien travaillé donc c’est quelque chose dont je suis satisfait. Il n’y a pas de livre que je regrette. J’ai une tendresse particulière pour certains livres comme La petite fille qui se souvenait d’avoir parlé avec l’ange. Parce que c’est lié à un travail sur l’enfance et l’acquisition du langage et j’avais pris pour modèle une petite nièce qui était plutôt en avance et quand j’ai écrit le livre elle avait 7- 8 ans et j’ai raconté son histoire jusqu’à 20 ans. J’ai imaginé ce qu’elle allait vivre jusqu’à 20 ans par exemple j’avais imaginé qu’elle faisait des études de lettres et qu’au dernier moment elle renonçait à Normale sup et c’est ce qu’elle a fait. J’aime bien tous mes livres.

Etre écrivain, c’est avant tout observer, écouter. J’ai une grande habitude d’observer dans le train dans le bus dans les restaurants et cela doit développer une espèce de sensibilité.

 

Avez-vous toujours le même éditeur ?

De ma génération je suis peut-être le seul écrivain français qui ait publié une vingtaine de livres et qui ait encore le même éditeur. D’abord il a tout de suite eu confiance en moi et puis il m’a beaucoup aidé car ce n’est pas toujours facile de vivre de sa plume et lui il m’a toujours soutenu alors évidemment on est des amis maintenant.

 

Combien de temps mettez-vous pour écrire   un livre  en général ? Et J’aime pas les autres ? Quelles sont les différentes étapes pour écrire un livre ?

J’écris des livres courts, je ne mets pas beaucoup de temps à les écrire mais à les préparer, à y penser, à choisir un sujet, à prendre des notes, il y a une période pendant laquelle on a l’impression qu’on ne fait pas grand chose mais on réfléchit, on prend des notes qu’on ne va pas forcément utiliser, on a d’autres lectures. On tourne en rond, on a plusieurs idées de livre puis on décide ce livre-là. Quand je commence à écrire j’avance très rapidement, les derniers livres cela doit représenter 4 mois de travail mais 4 mois pleins. Au début on écrit un peu plus lentement puis à un moment donné il faut plonger, sinon on ne termine pas et à partir de ce moment-là, c’est assez intensif.

Pour J’aime pas les autres, ce fut encore plus court car j’étais devant la perspective d’une opération assez grave, à risque, et je voulais absolument terminer ce livre avant d’entrer à l’hôpital et j’ai remis le manuscrit la veille de mon entrée. Je l’ai écrit en 3 mois mais c’est un livre presque autobiographique  et c’est vraiment le fil de la mémoire, il n’y a pas eu de travail de recherche.

Quand j’écris un livre je le sais par cœur car chaque fois qu’on s’arrête, il faut tout reprendre pour bien rester dans le ton, on relit ce que l’on a écrit la veille et c’est là dessus qu’on doit continuer ; à la fin du livre on l’a relu tellement qu’on le sait par cœur.

 

Pourquoi presque autobiographique ?

La vie c’est toujours un peu romancé, quand on raconte sa vie on a toujours tendance à enjoliver un petit peu à gommer les détails qui pourraient être désagréables. Quand un écrivain raconte une autobiographie, c’est quand même un peu un roman. On change les noms, on change les lieux pour ne pas mettre en cause trop de gens. C’est en grande partie autobiographique puis c’est en partie un roman mais je suis convaincu que toutes les autobiographies sont plus ou moins un roman.

 

Pourquoi  vos derniers livres ont-ils «  les autres » comme titre ?

Eh bien, parce que ça fait une petite série avec  Les sales bêtes.  Vous avez remarqué que les titres sont écrits dans un français un peu incorrect, je l’ai fait volontairement pour que cela n’ait pas l’air trop sérieux ; c’est quand même une boutade ; si  j’avais titré « Je n’aime pas les autres », d’abord ça sonne un peu moins bien, et puis ça fait affirmation ; ça fait enfant, c’est familier.

 

Quel sera votre prochain livre ?

Mon prochain livre sera un recueil de nouvelles sur le thème du mariage, chaque nouvelle a un rapport avec un mariage : en Afrique, en Thaïlande, à Londres…

 

Avez-vous beaucoup de lecteurs ?

J’ai assez de lecteurs mais pas un grand nombre ; mais c’est un lectorat fidèle ; je rencontre souvent des gens qui ont tous mes livres.

 

Etre écrivain permet de gagner sa vie ou pratiquez-vous un autre métier ?

Ce n’est pas toujours facile de vivre de sa plume même les auteurs qui ont le prix Goncourt et vendent beaucoup de livres,  l’année suivante ils  ne vendent pas forcément beaucoup de livres. J’ai eu la chance d’être soutenu par un éditeur. Je fais de temps en temps encore des reportages, des journaux de voyage pour des revues comme Géo ou Grands reportages  puis je collabore depuis une vingtaine d’années à France-Culture, à l’émission Les Papous dans la tête, mais ce n’est pas de gros cachets…

Les textes de Les autres, c’est rien que des sales types ont d’abord été écrits pour l’oral puis récrits. Si j’ai un conseil à vous donner, c’est de vous relire à haute voix quand vous écrivez un texte ; cela vous rendra beaucoup plus facile de corriger, de rendre une phrase plus harmonieuse, de sentir la ponctuation nécessaire, et cela vous donnera envie d’essayer d’écrire un peu mieux.

 

Quel genre de journalisme avez-vous pratiqué ?

Un journalisme plutôt culturel : théâtre, cinéma, télévision, livres, beaucoup de reportages sur la chanson  pour Télérama,  le Nouvel observateur, Pilote

 

Cela ne vous gêne pas de raconter votre vie ? Pourquoi écrivez-vous des autobiographies ?

Non, ça m’amuse, il n’y a pas d’autobiographie totalement vraie, même quand  on n’écrit pas une autobiographie on raconte plus ou moins sa vie. Un livre c’est un peu un portrait en creux d’un écrivain.

Parler de Beauvoir et de Sartre dans  J’aime pas les autres, ou de mon voyage sur un bateau dans Le Pas du loup c’est une façon de prendre un peu de distance ; comme c’était trop chargé d’émotion de parler de ma mère, j’ai utilisé le décalage dans le fait de raconter cette croisière comme un voyage d’aventure.

 

Comment votre famille réagit-elle face à vos livres ?

Ma famille a pris plutôt bien mes œuvres autobiographie, j’ai été encouragé.

 

Réflexion sur des travaux d’élèves.

La culture ce n’es t pas celle d’aujourd'hui, de demain, d’hier, il n’y a pas de date,  c’est l’histoire de l’évolution humaine ; la culture c’est défléchir à ce qu’on vit, à ce qu’on a vécu, à ce qu’on pourrait vivre, et le partager avec un peu d’art, un peu d’humour

 

J’aime pas  les autres 

Qu’est-ce qui a déclenché l’écriture de ce livre ?

Le fait de se trouver devant un danger, un vrai risque, on a tendance à faire un retour sur soi-même, à penser au passé et donc j’ai eu envie de faire un bilan, un retour sur moi-même. Souvent c’est une phrase qui donne envie d’écrire, là c’est le premier paragraphe du livre.

Si vous n’aviez pas été malade, auriez-vous écrit le livre de la même manière ?

Certainement non.

 

Etes-vous responsable du choix de la couverture de l’édition de poche et sinon qu’en pensez-vous ?

Quand  c’est une édition de poche, il faut savoir que l’éditeur revend les droits à un autre éditeur et l’auteur n’a plus grand chose à dire ;  ce n’est donc pas moi qui l’ai choisie, mais je la trouve assez amusante.

 

Pourquoi avez-vous changé votre nom dans le livre ?

D’abord parce que ça m’amusait, c’est une façon de créer une distance…

 

En voulez-vous toujours à votre père ?  Etait-il vraiment tel que vous le décrivez ?

Celaa dépend des lecteurs, certains trouvent mo père très sympathique. Benoîte Groult m’a écrit pour me dire qu’elle aimait beaucoup le livre et qu’elle trouvait le personnage de mon père très intéressant , très sympathique. Il faut dire que mon père était quelqu’un de très autoritaire et que moi j’ai toujours été un petit peu rebelle aux autorités.

A la fin de sa vie après la mort de ma mère et de mon frère, il est tombé malade et dans les deux dernières années, on a eu le temps de s’entendre mieux et maintenant quand je me regarde dans ma glace, j’ai l’impression de le voir et je me suis rendu compte que je lui ressemble beaucoup plus que ce que je croyais.

 

Pourquoi ne parlez-vous pas beaucoup de votre mère, de votre frère et de votre fils  dans ce livre ?

J’envisage d’écrire la suite de J’aime pas les autres. J’ai déjà consacré un livre à ma mère et à mon frère.

 

Pourquoi ces références constantes à Sartre et à Beauvoir ?

En littérature, je préfère Beauvoir à Sartre. Cela crée un décalage, j’ai inventé des discussions c’est aussi une façon de prendre un peu de distance.

 

N’aimez-vous réellement pas les autres ?

Non, j’adore les autres, j’adore tous ceux qui m’aiment. Je commence à avoir une certaine expérience pour les reconnaître.

 

Etes-vous satisfait de ce livre ?

Oui et en même temps  c’est la fin d’un cycle, j’ai beaucoup travaillé les chroniques, les petits portraits,

je pense que je suis arrivé à une bonne maîtrise, j’ai écrit des nouvelles je travaille sur un roman qui n’est pas du tout autobiographique.

 

La sexualité dans le livre

Là cela me semblait important de parler de la sexualité, les garçons ne savent pas grand chose, il y a encore beaucoup  de progrès à faire pour que les garçons respectent les filles. Les garçons n’apprennent rien sur eux tant qu’ils ne comprennent pas l’autre sexe. Tant qu’on ne respecte pas et qu’on n’essaie pas de comprendre l’autre, on ne se connaît pas soi-même et on ne vit pas très bien.

 

Réactions des élèves

J’ai beaucoup aimé qu’il vienne car il répondu à nos questions, il nous a bien expliqué comment devenir écrivain. Naomi

 

Il avait l’air d’être gêné, il ne m’a rien apporté de nouveau mais cela a été sympa de rencontrer un auteur. J’ai découvert comment un écrivain s’y prenait pour écrire un livre. Faiza

 

Ce qui m’a le plus plu, c’est que l’auteur ne mentait pas. Il nous a bien raconté comment et combien de temps il a mis pour écrire son livre et les passages où il a mis un peu plus de temps. Il nous a bien dit son parcours depuis qu’il a écrit son livre, ses projets et les réactions de sa famille. Chloé Ga…

 

Cette visite a accru mes connaissances grâce à un moment d’échange entre un écrivain et des lecteurs. Ceci permet de mieux cerner le point de vue de l’auteur, ses intentions, ses manières d’écrire et de faire de l’humour. Mathieu

 

J’ai appris que pour être écrivain, il faut le vouloir et pour écrire un livre et le finir, il faut être dans son histoire à fond et lire beaucoup. Cette rencontre m’a particulièrement plu et m’a intéressé. Adrien B.

 

Il nous a bien expliqué sa vie, son œuvre. Il avait l’air très sympa et aussi très grand. A peu près tous les points qu’il a abordés m’ont intéressé. Il a eu l’air d’apprécier les montages sonores et les textes de Timothée, de Chloé et Marine. Il a beaucoup aimé celui de Benjamin. Il a rectifié certains de mes camarades quand cela était nécessaire. Je n’oublierai pas cette rencontre…Journée de la gentillesse. David P.

 

C’était bien car on n’a pas souvent l’occasion de rencontrer un auteur. Il a répondu en les développant aux questions qui lui ont été posées. Il a commenté nos textes ainsi que les montages sonores. Il nous a expliqué certaines choses que l’on n’avait pas comprises. Il a été sympathique avec nous. Timothée

 

C’est agréable qu’un auteur vienne, surtout un auteur dont  on a lu le livre. Il a répondu clairement à toutes les questions. Je pense qu’il aime jouer avec les mots. Je pense aussi qu’il m’a ouvert l’esprit et qu’il m’a donné envie de lire des livres de ce type. Il m’a donné envie de LIRE alors qu’avant je n’appréciais pas bien la lecture à cause de ma dyslexie. Merci à vous d’avoir organisé cela ! Sébastien

 

Ce fut une rencontre intéressante, passionnante, extraordinaire, les livres de l’auteur ont l’air d’être émouvants. L’auteur a l’air d’être très sympathique. Je vais essayer de lire plusieurs de ses livres.

Adrien G.  PS : journée de la gentillesse.

 

Cela m’a intéressé, parce que je trouve qu’il a beaucoup d’humour. .. J’aimerais bien lire La petite qui se souvenait de l’ange et le Pas du loup. J’ai bien aimé la façon dont il a commencé à écrire, après son opération… Marine

 

Cela m’a plutôt plu de voir un auteur s’exprimer devant moi ; savoir comment il a commencé sa carrière, connaître sa vie d’auteur. Anthony

 

Cette rencontre avec Jacques A. Bertrand m’a intéressée. On a appris beaucoup de choses sur les écrivains et sur la façon dont Jacques A. Bertrand a écrit ses livres. On a appris aussi beaucoup de choses sur sa vie. Il est gentil et intéressant. Lydie

 

La rencontre avec l’auteur Jacques A. Bertrand s’est bien passée. On a appris des choses pour devenir écrivain. Je n’ai aps été trop intéressée car je n’aime pas  lire et je suis assez nulle en français. Malgré que devenir auteur puisse être passionnant, je n’aime lire les livres que si je suis accrochée au début du livre, mais c’est rare. Faire un livre autobiographique n’est pas si passionnant car tu racontes ta vie et je trouve ça nul. Je n’écrirai jamais de livre autobiographique car ma vie est banale.  Carolane

 

Cette intervention était très bien. Cela m’a permis de rencontrer de nouveau cet auteur parmi d’autres. Il était très intéressant et il savait de quoi il parlait. On voyait qu’il avait confiance en lui. Quentin

 

Cette rencontre avec Monsieur Jacques A. Bertrand m’a beaucoup plu, je l’ai trouvée très intéressante, j’ai eu toutes les réponses aux questions que je me posais. J’ai aimé lire mon texte humoristique sur l’automobiliste et je pense qu’il a aimé. Je regrette qu’il ne soit pas resté plus longtemps et qu’il n’ait pas pris plus de temps pour discuter avec nous. Benjamin

 

 

 

 

Jacques A.Bertrand,

Les autres, c’est rien que des sales types,

Julliard

 

L’écrivain , cet « individu qui joue aux échecs avec les mots » est aussi un sale type, conclut Jacques A. Bertrand, qui vient de dire avec plaisir du mal de types aussi respectables que le commerçant,  le voisin, le médecin et l’agélaste (ne cherchez pas c’est celui qui ne rit jamais pour Rabelais). Mais comme l’a dit Joseph Folliet : « Heureux celui qui a appris à rire de lui-même : il n’a pas fini de s’amuser. »

Et le lecteur sensible à l’humour s’amusera à trouver sa vie caricaturée (ou caricaturale) à travers la lecture du portrait du conjoint. Car le maître ès-humour qu’est Bertrand nous dépeint une humanité plus vraie que nature qui vit en groupe et qui fait du tourisme. Il y a du Vialatte dans ces portraits qui ont déjà fait le bonheur des auditeurs des " Papous dans la tête ", sur France Culture.  Jeux de mots, citations et allusions subtiles et saugrenues titillent l’intelligence du lecteur qui appréciera l’esprit de l’auteur.

 

 

 

 

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 05:07

Communiqué du ministère de la Culture et de la Communication

 

"Quatre mesures en faveur du photojournalisme.

Le 30 août à Perpignan où se déroule la 22e édition du festival international du photojournalisme / Visa pour l’image, Frédéric Mitterrand a annoncé quatre grandes mesures dans le prolongement des propositions du rapport de l'IGAC sur le photojournalisme :

 


- La création « d'un observatoire du photojournalisme » où se rencontreront autour d'une personnalité indépendante les organismes professionnels et syndicaux concernés par les évolutions du secteur. Avec l'appui des services du Ministère, il suivra les évolutions du secteur à partir de l'état des lieux établi par le cabinet Ithaque à la demande des rapporteurs de l'IGAC.

  


- La volonté d'organiser la concertation entre les professionnels concernés par les conditions économiques et sociales de la profession de photojournaliste. Le Ministère a déjà encouragé une meilleure prise en charge de la couverture des journalistes intervenant sur des zones dangereuses. Cette nouvelle concertation s'attachera aux conditions d'attribution de la carte de presse, à la définition des agences de presse, à la détermination du salaire minimal des fournisseurs occasionnels de photographies, à la définition de règles sur le cumul d'activités et la cessions des droits.

 


- Après la table ronde organisée le 1er septembre 2010 dans le cadre de Visa pour l'image, l'ouverture d'une concertation animée par le Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique (CSPLA) sur les sujets relatifs aux œuvres orphelines et aux droits réservés. Cette concertation doit permettre au Ministre de prendre sur ce sujet les décisions nécessaires l'hiver prochain et d’ouvrir le chantier législatif qui définira de nouvelles règles de diffusion et de valorisation simples, justes et efficaces.


- Afin de poursuivre les actions engagées en direction de tous les publics, la 22e Semaine de la presse et des médias dans l 'école, organisée chaque année en mars et qui touche 4,5 millions d'élèves, aura pour thème en 2011 « le photojournalisme et l'illustration de presse ».

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 08:24

Cette étude du Clemi disponible en ligne aborde quelques problématiques clés autour des rapports entre productions en ligne et éducation aux médias : prise en compte du socle commun, expression personnelle, relations à l’actualité, expériences personnelles et collectives, influence sur les pratiques pédagogiques.

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 06:13

Un dossier dans AJ !, le magazine pour les jeunes d'Amnesty international,disponible  en ligne.

Occasion de renvoyer à un article sur "Histoire des arts et des médias : l'image satirique entre propagande et résistance" dans l'Ecole des lettres n°8, 2009-2010.

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 06:17

On en a bien besoin d'humour face à la dégradation programmée du système scolaire...

En tout cas le CORHUM lance un appel à contributions pour un colloque sur le thème humour et enseignement.

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 09:27

Un article  d'Alice Antheaume qui fait le point sur la constitution de l'information en temps réel et en commun sur le net.

Relativisé par certains commentaires...

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 04:39
  • Aux éditions Nouiga (Maroc), une bande dessinée de 69 pages,  Dans l'enfer du h'rig: la traversée. 18 auteurs traitent le thème de l'immigration clandestine. Sur le même thème, une bande dessinée intitulée Des clandestins à la mer. Les tribulations de Yado vient d’être publiée par le HCR à Bruxelles.  Elle a pour objectif d’informer le public de jeunes lecteurs dans les pays francophones en Afrique et en Europe sur les causes et les dangers de la migration clandestine...

 

  • Les cahiers ukrainiens : mémoires du temps de l'URSS de Igort (Futuropolis). Récit-témoignage qui retranscrit les souvenirs de personnes qu'a croisées l'auteur.

 

 

 

  • Pour une revue de presse régulière sur la BD, consulter le site de la CIBDI

 

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