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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 07:07

1. Médias

  

  

Serge July, Jean-François Kahn et Edwy Plenel

 Faut-il croire les journalistes ? Entretiens réalisés par Philippe Gavi.

Editions Mordicus, 166 pages, 13,5 euros.

  

Le principe de la collection est de confronter les points de vue d’intervenants aux opinions différentes sur un sujet d’actualité ou de société. Trois journalistes sont donc interrogés sur l’exercice de leur métier à un moment où celui-ci est remis en cause par le développement d’Internet et la méfiance accrue du public.      

Serge July affirme que l’âge d’or du journalisme est à relativiser : la censure faisait autrefois davantage partie des mœurs et la presse s’est incroyablement émancipée. Il reproche aux journalistes de faire de la communication et pas de l’information, de ne pas explorer la profondeur de champ des événements. Les débats ont supplanté l’information, les reportages et les enquêtes sur le terrain. La révolution d’internet crée le désarroi, les médias doivent se transformer radicalement. La rumeur y est mise sur le même plan que l’information donc Internet est un facteur de dévalorisation du journaliste. Mais c’est aussi un outil performant contre la censure. De plus, aucun nouveau média, selon Mac Luhan, n’a jamais tué les médias existants. Il prône  le modèle de la fondation, à l’œuvre dans les pays anglo-saxons, pour pérenniser la presse écrite.

Jean-François Kahn pense lui aussi que la censure était plus importante au moment de la guerre d’Algérie par exemple mais on assiste actuellement à une tentative de main mise du pouvoir politique sur les médias. Le divorce entre les journalistes et le public est dû à l’homogénéisation de la pensée médiatique, au pluralisme rétréci qui implique une baisse du contrepoids de la presse Les médias sont manipulés par les pouvoirs et devraient davantage manifester d’esprit critique. Les journalistes ne sont pas assez diversifiés, d’où des problèmes de connivence et de déconnexion de la réalité : «Il faudrait plutôt se demander si la presse, à force d’être déconnectée des réalités et de l’opinion, n’est pas aujourd’hui déconsidérée, jugée si peu fiable que les gens se sont habitués à ruer dans les brancards». Ils ont abandonné leur mission de donner le plus d’informations possible en les hiérarchisant.

Edwy Plenel reprend les idées qu’il a émises dans son manifeste Combat pour une presse libre (Galaade). Il a transformé son engagement militant (c’est un ancien troskiste)  en  «engagement professionnel».Pour lui, la crise de la presse est une crise de l’offre. La presse écrite s’est épuisée à courir derrière la presse magazine. Il convient de revenir à l’essence du métier : l’information, la recherche des faits, la rigueur factuelle. «  La profession de journaliste existe parce que la démocratie a besoin de vérités factuelles, c'est-à-dire d’informations fiables. » Un des avantages d’internet, c’est qu’il oblige le journaliste à descendre de son estrade. Le journaliste doit être un chien de garde de la démocratie. « Le combat pour la liberté de la presse est un levier et un levain démocratiques. En ce sens, il sera toujours inachevé, toujours en chantier, toujours en marche.»

D’autres thèmes comme le respect de la vie privée et la peopolisation (révélations sur l’existence de Mazarine, la fille de Mitterrand, sur Cécilia et les rumeurs qui ont entouré le divorce de Sarkozy) sont abordés par les trois journalistes.

Il aurait été intéressant que leurs réponses soient mises à la suite les unes des autres pour pouvoir mieux confronter leurs positions au lieu que les trois entretiens soient séparés.

Daniel Salles

  

  

  

  

Histoire politique et économique des médias en France,

Yvan Chupin, Nicolas Hubé, Nicolas Kaciaf,

Paris, La Découverte, 2009, 9,5 euros.

 

Le retour sur l’histoire des médias, du XVIIe siècle, genèse de la presse écrite, à nos jours, permet d’appréhender les problématiques actuelles notamment la  « crise » de la presse écrite, l’existence du service public audiovisuel, la soumission des médias aux logiques marchandes, le rôle d’internet dans la vie démocratique. 

Les auteurs insistent dans leur introduction sur la confusion à ne pas faire entre les deux acceptions du mot « médias » qui désigne  à la fois des instruments de communication et des acteurs particuliers du monde social. Il faut donc articuler la dimension politique (comment les pouvoirs cherchent à contrôler, encadrer ou réguler l’univers médiatique)  aux enjeux économiques, socioculturels  et technologiques de la production médiatique.

L’ouvrage cherche à montrer comment les évolutions  de l’espace médiatique accompagnent étroitement la démocratisation et l’extension du capitalisme, les deux bouleversements majeurs de la modernité. Mais il existe des spécificités françaises que les auteurs vont examiner. Ils articulent chronologiquement le livre en quatre périodes : 1631-1870, au cours de laquelle le marché de la presse prend appui sur les révolutions politique, industrielle et sociale, 1870-1939, « âge d’or »de la presse écrite, 1939-1970 où l’espace médiatique est parcouru par un mouvement de balancier entre  législation « anticapitaliste » et lutte contre la tutelle étatique, de 1970 à nos jours, ère de l’« hyperconcurrence », de l’accélération des transformations et du brouillage des frontières médiatiques.

 

  

2. Humour

  

  

  

Humoresques, n°29

Cette revue thématique a pour but de promouvoir tous les travaux portant sur le comique, le rire et l’humour (http://pagesperso-orange.fr/corhum.humoresques/docs/publi.htm).

Le numéro 29 du printemps 2009 porte sur l’histoire, l’humour et les caricatures dans une perspective chronologiquement étendue du XVIe siècle (Langue de courtisan et jeux de pouvoir à la Renaissance) à nos jours (naissance et évolution du stéréotype de la tête au bout d’une pique).

Les historiens apprécieront la recherche des bribes d’un discours sur le rire et la dérision dans les archives judiciaires du XVIIIe ou l’exposé de la carrière de Philippe-Antoine Dorfeuille auteur de saynètes patriotiques pendant la Révolution française. Charivari, mascarade, cortège satirique, autant de traditions populaires et estudiantines qui s’exercent à Montmartre ou avec « l’Armée du chahut » : Laurent Bihl s’intéresse au cortège artistique comme métaphore de l’outrance graphique. Guillaume Doizy étudie L’Histoire de France tintamarresque de Léon Touchatout, Solange Vernois L’Histoire de France pour les mômes de Jules Dépaquit.

Emmanuel Pollaud-Dullian fait le portrait du dessinateur Chas Laborde,  qui s’engagea dans la guerre de 1914 et qui mourut en 1941 victime d’épuisement et sans ressources.

 (article en ligne http://www.caricaturesetcaricature.com/article-32462249.html  et site consacré au dessinateur http://www.chaslaborde.com/ )

 

Lecture jeune,

N°130, juin 2009

Qu’est-ce qui fait rire les adolescents ? s’interroge la revue.  Après consultation d’adolescents « graines de critiques » ou d’une classe de 4ème, on peut en conclure que ce n’est pas vraiment le roman même si on arrive à faire sourire les jeunes avec quelques titres, comme Kiffe kiffe demain

de Faïza Guène dont on peut lire un entretien.

En revanche l’offre est abondante en BD et dans le manga où l’humour peut-être scatologique, irrévérencieux et grotesque (nul doute que comme moi de nombreux enseignants vont découvrir cet univers exploré par  Jean-Marie Bouissou). Evidemment Internet regorge de vidéos , clips, gags et parodies et les jeunes apprécient les films comiques.

Mais surtout nous démontre le psychanalyste Jean-Pierre Kameniak, l’humour est une nécessité pour des adolescents qui éprouvent des bouleversements physiques et psychiques, c’est une activité salubre garante de leur santé psychique.

 

 

Dada n°147

 

Scoop : Tati chez Dada (et non pas Dada chez Tati) ! Et en plus la couverture nous rappelle que oui, ceci est bien une pipe dans la bouche de l’artiste !

Pour la première fois la revue Dada parle d’un cinéaste à l’occasion de l’exposition que la cinémathèque consacre à Jacques Tati. La maquette très colorée et très ludique est d’ailleurs en écho avec le site de l’exposition http://www.taticinematheque.fr/fr/expositions-cinema/tati/index/bienvenue.html Il ne manque plus que le son et le bruitage, ces passions de l’artiste.

Une vie en objets, le style de Tati qui renouvelle le burlesque avec son Hulot maladroit décalé, le repérage des thèmes de Mon oncle à travers deux séquences, la critique du progrès technologique, son jeu avec les objets typiques du design de son époque, les voitures, l’architecture, la ville et les échos de ses films dans ceux d’autres réalisateurs sont autant d’approches abondamment illustrées (avec des liens avec les œuvres de César ou Gurski par exemple) sur le cinéma de Tati.

Deux ateliers et un jeu parcours de l’exposition pour les enfants complètent ce panorama.

 

 

3. Autres

 

 

Le Moyen Age
Antoine Auger et Dimitri Casali

Collection Tothème, Gallimard jeunesse,

13,90 €, 96 pages

 

La collection Tothème  « propose des kits de savoir pour une nouvelle génération de lecteurs ». Qu’est-ce qui se cache derrière cette accroche publicitaire ?  Des livres  cartonnés avec des rabats  qui proposent un parcours à travers 60 entrées (notions-clés)  réparties en 9 familles : dates, inventions, chefs-d’œuvre, personnages classés par ordre chronologique, notion, animal, symbole, lieu, rôle, repères au fil du livre dans ce volume.

Les lecteurs peuvent suivre l’ordre chronologique ou naviguer au fil de leur curiosité ou aller directement au sujet qui les intéresse grâce à l’index à la fin du livre. Bref, une tentative de fabriquer des livres pour la génération du zapping et du butinage sur internet. Mais aussi du jeu vidéo puisque l’introduction  propose d’entrer dans l’histoire, ce jeu vidéo grandeur nature  et que la famille « rôle » est présentée sous la forme de cartes de jeu vidéo.

Les articles sont plus ou moins longs, les titres ou les intertitres sont très  incitatifs (La F1 de l’époque  pour l’entrée sur les chevaux arabes), le registre de langue des textes narratifs ou explicatifs est assez soutenu.

L’iconographie est  très abondante et variée,  avec des reproductions  d’œuvres ou d’objets historiques, de photographies, d’images extraites de jeux vidéo, de montage  (utilisation des cartes à jouer), ce qui doit expliquer le prix relativement élevé de ces ouvrages. La mise en scène est très dynamique, mais les reproductions sont trop souvent de petite taille.

Une rubrique Pour en savoir plus de dix pages procure des informations supplémentaires et des pistes bibliographiques pour approfondir le sujet.

 

L’environnement
Jean-Baptiste de Panafieu

A première vue, l’ouvrage apparaît moins clair que le précédent à cause des textes en surimpression sur des photographies ou des infographies. Les familles sont les suivantes : ressource, énergie, ménage, activités humaines, agir, révolutions, notion, besoins humains, acteur.  Le livre est donc organisé autour  des ressources de la terre, des dangers qui les guettent et des solutions pour les préserver (sens actuel de la notion d’environnement). On ne trouve pas en tout cas l’entrée décroissance dans l’index.

La lecture est très enrichissante et peut davantage se pratiquer de manière linéaire que pour le volume sur le Moyen Age.

 

Dans la même collection

L'automobile
Robert Pince et René Quéau

Les religions
Sandrine Mirza

 

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Published by Association Médias - dans Publications
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