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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 09:11

L 'Ecole des lettres sort un numéro spécial BD auquel Média a participé. En attendant la mise en ligne sur le site de la revue, voici un commentaire d'un ouvrage de la nouvelle collection "Mille bulles" de l'Ecole des loisirs, A ton avis...Le Vieil homme ou le serpent ? de Toni & Slade Morrison et Pascal Lemaître :



L’entrée dans le livre par la couverture

Le titre interpelle directement le lecteur « à ton avis …»  et soulève une question. On notera la mise en valeur du point d‘interrogation. Les deux personnages de l’illustration (reprise inversée et détourée de la vignette p.29) ont l’air de bien s’entendre pourtant et l’on peut donc se demander si la question porte sur le résultat de la partie de cartes ! La situation est peu réaliste : un vieux noir et un serpent bandé qui jouent aux cartes et nous comprenons que nous sommes dans un univers imaginaire.


La 4ème de couverture reprend un extrait (p.18) du livre, ce qui nous permet de comprendre que nous avons affaire à une BD. Elle met en valeur le serpent en train de parler, ce qui confirme l’absence de réalisme de la fiction. Le petit cœur au-dessus du personnage du ver montre que la dimension humoristique est très importante dans le travail de Pascal Lemaître.  Les deux phrases écrites de manière manuscrite précisent le genre du livre (définir le genre de la fable si cela n’est pas acquis) et les propos de l’auteur (définir impertinence).  Elles évoquent Esope et La Fontaine.

Elles  sont également  un argument publicitaire, ce qui est le rôle habituel de la 4ème de couverture : noter le côté slogan de la phrase exclamative. Ce livre a donc une dimension argumentative.

 

Les chemins d’une fable :  Les auteurs font référence à Esope, auteur à l’origine du genre de la fable dans notre culture occidentale. On pourra bien évidemment partir sur les traces de ce personnage semi-légendaire dont Socrate mit les fables en vers avant de mourir, comme il le justifie dans le Phédon. A titre de découverte des plaisirs de la langue  on rappellera le palindrome : Esope reste ici et se repose. Le texte de la fable est donnée en traduction page5.


Phèdre, auteur latin du 1er siècle, reprit  la matière d’Esope et la transcrivit en vers,  comme il le rappelle dans sa préface Phaedri Augusti Liberti Fabulae Æsopiae (Les Fables ésopiques de Phèdre, affranchi d'Auguste). Sa fable s’appelle L’homme et la couleuvre, voir ci-dessous.

Elle peut être prétexte à des exercices de vocabulaire autour de l’étymologie des mots.

Dans les deux cas, le villageois meurt.


La Fontaine intitula la sienne, le Villageois et le serpent. C’est le serpent qui meurt, tué par le villageois qu’il menaçait. Nous avons donc affaire avec ce livre à l’un des nombreux avatars des Fables d’Esope.

On pourra faire apprendre les différentes fables aux élèves et effectuer un montage avec Audacity des différentes versions…

 

Une fois ce parcours établi, on montrera aux élèves que les Fables de la Fontaine ont été très souvent illustrées et on mettra à leur disposition un ensemble d’illustrations cf. Oudry, Doré, Granville, publicité pour Riclès, Aractingi http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/villaser.htm, http://www.lafontaine.net/lesFables/afficheFable.php?id=118

On les comparera, on montrera quel moment a été illustré, à quel vers l’illustration correspond, comment est figuré le serpent ou l’homme…

 

On  comparera également la morale des quatre versions et on constatera leur différence :

Esope : Un peu de bonté ne vient pas à bout de la méchanceté.

Phèdre : Il ne faut pas rendre de services aux méchants.

La Fontaine :  1. C’est bien d’être charitable, mais pas avec n’importe qui.

                        2. Les ingrats sont toujours punis de leur ingratitude.

Morrison : Dans la vie plus on réfléchit, moins on a d’ennuis.

 

L’entrée dans le livre par les premières pages

En ouvrant le livre, on découvre trois pages illustrées pleine page par un paysage rural évoquant les USA, où les alligators et les serpents sont nombreux. La maison est une petite cabane isolée du monde. Les trois pages sont reprises en fin du livre  dans une disposition inversée. Elles servent donc d’introduction et de conclusion à l’histoire et précisent son cadre spatio-temporel.


La première illustration de l’histoire après la page de titre et les dédicaces  nous présente avec un plan plus rapproché la cabane dans laquelle va se dérouler l’histoire.


Les pages 9 et 10 sont des pages de récit, avec présentation du cadre, des personnages, situation initiale et élément de déséquilibre qui va déclencher le récit du grand-père autour d’un objet encore mystérieux, les bottes de mémoire. On pourra évidemment faire repérer tout cela.

Les élèves pourront facilement s’identifier au personnage de l’enfant, on pourra leur faire découvrir le poème de Prévert sur le cancre…

On commentera le choix de l’illustrateur : noir et blanc, personnages en amorce, jeux des regards entre le grand-père et son petit fils, mise en valeur des bottes, regard étonné de l’enfant…


Le récit du grand-père commence dans les pages suivantes sous la forme d’une bande dessinée. Occasion d’expliquer aux élèves le procédé du récit dans le récit ou récit enchâssé puisque le 1er récit illustré se termine par une illustration à la page 36.

 

La technique de la bande dessinée

Révision : les éléments d’une BD

 Cette bande dessinée se prête bien à un rappel des principaux éléments que l’on pourra faire repérer : le récitatif, les bulles et leurs formes p.15, les onomatopées, la typographie expressive des textes,  les vignettes, leurs formats différents, leur nombre variable dans la page, les cadrages et les angles de vue…

Certaines vignettes sont particulièrement intéressantes à commenter p.17 et v.1 p.19, où la séquentialité est interne à la vignette, la v.3 p.19 où le texte est en avance sur l’image.

Didier Quella-Guyot, Explorer la bande dessinée, Crdp De Poitou-Charentes, collection  La Bd de case en classe,  2004


L’argumentation

On pourra étudier les moyens qu’utilise le serpent pour persuader le grand-père de le secourir. Il a des qualités de comédien (on observera ses mimiques), joue de la culpabilisation, de la séduction (le chéri de la v.5 de la p.18 le rend féminin), ce qui introduit le doute et la perplexité chez le grand-père (cf. les mimiques v.1 p19). Hormis les réserves que l’on peut avoir sur le niveau de langue, ce serpent est très proche de l’auto-stoppeur parasite de Coluche ! http://www.youtube.com/watch?v=SezzlowthFY

Evidemment en filigrane apparaît le serpent tentateur de la Genèse à la langue fourchue (v.1 p.34), et l’on pourra travailler sur les représentations du serpent à travers le temps.

 

 

 

Mises en réseau

http://www.ac-grenoble.fr/ien.vienne2/spip.php?rubrique875

http://www.ien-dourdan.ac-versailles.fr/spip.php?action=dw2_out&id=651



 

 

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Published by Association Médias - dans Pistes pédagogiques
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