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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 09:29

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Les dix commandements de la critique proposés par des élèves belges

Des consignes sur un site publiant des critiques rédigées par des élèves de collège

Un site publiant des critiques de lycéens

"Rédiger une critique de cinéma", Daniel Salles, Ecole des lettres n°2, 2008-2009

 

Définition de la critique par Jean-Michel Frodon dans La critique de cinéma, Les petits cahiers, 2008

"La critique de cinéma est une des formes de la critique d’art. La définition même de l’œuvre d’art est de ne pas être finie, c’est son spectateur, (son auditeur, son lecteur) qui la complète pour lui-même. […] le critique aura recours à toutes les ressources dont il dispose (sa sensibilité, son savoir, ses qualités d’écriture) pour déployer cette partie ouverte, afin de partager avec ses lecteurs davantage d’accès à l’œuvre, et de mettre en évidence les possibilités singulières de chaque œuvre telle qu’elle s’offre à la subjectivité de chacun. Un critique est un journaliste, mais c’est un journaliste particulier.Qu’il l’écrive en toutes lettres (ce qui n’est pas recommandé) ou non, un critique est quelqu'un qui dit constamment « Je ». J’ai vu ce film, j’ai éprouvé ceci, j’ai pensé cela, cela m’a rappelé tel autre film ou inspiré telle comparaison. Ce « je » est de toute manière un engagement personnel, qui peut le cas échéant prendre l’aspect d’un engagement politique.Mais il est de toute façon un engagement esthétique, au sens où le style d’écriture, qui tend à être aussi factuel que possible dans le journalisme stricto sensu, a au contraire besoin dans la critique d’une invention personnelle en phase avec les émotions dont elle est l’émanation, et qui à ce titre rapproche le critique de l’écrivain, et l’éloigne d’autant du journaliste. Car le style n’est pas, pour la critique, un ornement, il est le moyen même de construire des ponts entre deux modes d’expression différents (le cinéma et l’écriture), et de produire de la pensée par la construction même de ce pont. La critique a vocation a vocation à surprendre, à déranger, à faire réfléchir. "

 

 


Des exemples : des critiques réalisées par des élèves

 

Clg du Val Gelon, La Rochette - 3ème1
Levons notre verre de citronnade et portons un toast à Eran Riklis !
Partageons ce goût amer d'impuissance !
Dans Les Citronniers, réalisé par l'israélien Eran Riklis, déjà connu pour La Fiancée syrienne, Hiam Abbass incarne le personnage principal, celui de Salma Zidane, une pauvre veuve palestinienne délaissée par ses enfants et dont la plantation de citronniers est le dernier bien. Elle est accompagnée à l'écran par Ali Suliman ainsi que par Roma Lipaz Michaël et Doron Tavory.

Ces derniers, qui se trouvent être le ministre israélien de la Défense et sa femme, deviennent les voisins de Salma et par la même occasion une menace pour ses arbres, sa seule raison de vivre. En effet, ces citronniers pourraient masquer la présence de snipers palestiniens, mettre la vie du ministre en danger et donc doivent être coupés ! Heureusement, l'épouse du ministre apporte une grande bouffée d'espoir en s'opposant clairement aux idées et actes entrepris par son mari. Le générique, remix oriental de la chanson Lemon tree, donne le ton du film. La voix y est mélancolique pleine d'émotions lentes à s'exprimer.
Avis aux adeptes de films américains à gros budgets, Etz limon, titre original, n'est pas pour vous. Pourtant la lenteur déconcertante, le jeu solennel des comédiens met en évidence les réactions des personnages et les émotions, parfois cachées, finissent par prendre le dessus Ainsi Salma, au tribunal, apparemment calme perd soudain le contrôle de ses émotions. L'indifférence est donc impossible. Soit le film agace par sa lenteur, son manque d'actions, soit il est jugé majestueux. Mais, dans tous les cas, il conduit au sentiment de révolte. Contre le sexisme régnant encore dans ce pays (grand silence, regards incrédules à l'entrée de Salma dans un café réservé aux hommes), mais aussi par l'idée que dans un pays aussi petit, tant de conflits peuvent persister. Un mur au physique comme au figuré sépare deux nations formant le même peuple.

Eran Riklis, nous fait vraiment partager l'amour qu'il a pour son pays natal. Car bien qu'israélien, il l'observe d'un oeil critique et n'hésite pas à dénoncer avec engagement ce paradoxe entre nation puissante et nation dominée. Mélancolie, tristesse, sentiments d'impuissance, révolte, joie, incompréhension, désolation, espoir, c'est impressionnant comme en une heure et quarante cinq minutes l'on peut passer par tant d'émotions.
Des citrons amers à savourer lentement mais sûrement.

 

Clg Le Calloud, La Tour du Pin - 3ème2
Ne tirez pas sur VALSE AVEC BACHIR

Au coeur de Beyrouth ravagée par les bombes et les tirs de roquettes, cet officier israélien est frappé de folie. Il valse, mitraillette au poing, sous l'affiche de Bachir Gemayel récemment assassiné.
Valse avec Bachir est un film d'animation autobiographique réalisé par Ari Folman, sorti en 2008. Ce film est construit comme un puzzle, où se mêlent interviews, rêves et souvenirs.
D'emblée les chiens sont lâchés, meute effrayante de molosses aux yeux jaunes qui voudraient tout déchiqueter. Ari est appelé par un de ses anciens compagnons. Il a besoin de lui raconter son cauchemar récurrent sur la guerre au Liban. Alors, Ari se rend compte qu'il a jeté un voile d'oubli sur ce qu'il a vécu et vu pendant cette période. Il prend la décision de partir à la quête de ses souvenirs enfouis, porté par le besoin de reconstituer cette mémoire qui lui fait défaut. Pour cela, il part à la recherche de ses anciens compagnons du Liban pour découvrir la vérité.
Avec ce film, Ari Folman, nous propose une oeuvre percutante et riche, un témoignage d'un passé douloureux. Il est mené comme une psychanalyse, avec pour unique question : Qu'ai-je fait à Beyrouth, en septembre 1982, pendant le massacre de Sabra et Chatila ?
Le thème majeur est la prise de conscience de ses actes avec en toile de fond la guerre au Liban. Cette guerre comme toutes les guerres est violente, injuste, brutale et certains épisodes sont particulièrement inhumains.
Le personnage principal est attachant dans la recherche de ses souvenirs honteux. Tout ce qui lui revient en mémoire permet au film de montrer la véritable face de la guerre sans pour autant que celui-ci devienne un film d'horreur. C'est comme si Ari servait de filtre entre les horreurs de cette guerre et les spectateurs. Les dialogues sont simples mais forts. Le déroulement des massacres de Sabra et Chatila et les sentiments ressentis par les soldats sont décrits de manière accessible mais certaines images du film peuvent être trop violentes et choquantes, notamment les dernières, qui montrent l'horreur de la réalité. Elles peuvent provoquer un certain malaise chez le spectateur pourtant toutes ces images donnent tout leur sens à cette méditation sur la mémoire et la culpabilité.
Les dessins du film ont été supervisés par Ari Folman et son directeur artistique David Polonsky. Esthétique, réaliste et original ce long métrage mérite bien de figurer en compétition officielle du 61ème festival de Cannes.
Valse avec Bachir est un film qui vaut la peine d'être vu. Si vous le manquez vous pourrez plonger dans la bande dessinée adaptée du film parue en Janvier 2009.

 

 

Clg La Moulinière, Domène - 3ème6
Le film Louise-Michel n'a quasiment rien à voir avec la militante et figure majeure de Paris, Louise Michel. Ce film traite de thèmes différents tels que la délocalisation et le capitalisme. Néanmoins, Gustave Kerven et Benoît Delépine, les réalisateurs et scénaristes de l'émission de télévision Groland, restent fidèles à leur style : l'humour noir.

C'est l'histoire de Louise, une pauvre ouvrière d'une entreprise de textile, qui est analphabète. Un matin, Louise et ses collègues s'aperçoivent qu'elles ont été trahies, embobinées par le directeur général qui a délocalisé son entreprise en emportant tout durant la nuit. Avec leurs indemnités, les employés décident de faire appel à un professionnel pour « buter le patron ». C'est alors que Louise va rencontrer Michel, un pauvre type qui s'attribue la mort de Kennedy, vivant dans une modeste caravane. Louise et Michel se mettent alors à la recherche du patron. C'est un film intéressant où l'on voit les dures conditions de vie d'employés au chômage (Louise est obligée de manger des pigeons pour survivre). C'est en effet parce qu'elles ont perdu leur emploi que Louise et ses camarades veulent à tout prix tuer le patron.

Le scénario est très original : en réalité, Jean-Pierre Ferré doit se travestir en Louise pour se réintégrer dans la vie professionnelle et c'est une certaine Cathy qui, elle, se travestit en Michel. Une histoire à l'humour, quelques fois, déjanté : Louise qui assassine tout le monde dans une villa.

Le film est à « mourir de rire », mais est parfois exagéré. On passe de scènes drôles à des scènes plus noires qui donnent à réfléchir. On rit de certains passages sur le moment, mais en prenant du recul, on s'aperçoit que certains faits sont horribles, comme quand Michel demande à sa cousine, malade atteinte d'un cancer, d'aller tuer le PDG. Cependant Louise-Michel est très réussi et joué par de bons acteurs, dont Yolande Moreau, récompensée plusieurs fois du César de la meilleure actrice.

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Published by Association Médias - dans Créer un magazine
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